Lorenzo Padilla, peintre d’origine cubaine, promène ses pinceaux depuis quarante ans place du Tertre. L’homme se partage entre son atelier parisien, installé dans son appartement, où il réalise des œuvres abstraites, et le Carré des artistes de la Butte. Là, une semaine sur deux, il installe son chevalet, où il réalise des œuvres « plus montmartroises, plus adaptées à la clientèle touristique ». Mais, comme nombre de ses confrères de la place du Tertre, Lorenzo Padilla a « dû mal à reconnaître ce lieu » qu’il a tant aimé, « entre tous ces restaurants, ces commerces de contrefaçons. L’atmosphère a changé. Il faudrait, assure-t-il, faire une véritable promotion des artistes qui sont ici… car ce sont de vrais artistes, qui ont en général des ateliers, qui ne se contentent pas de réaliser ce que l’on voit au Carré. Faire découvrir au public, aussi, les jeunes talents qui se sont installés. Mais rien de tout cela ne se passe, malheureusement. Et pourtant, termine-t-il, si autant de gens viennent sur la place du Tertre, c’est parce que les artistes sont là! ».

Le Parisien