Né à Cuba en 1931, il a commencé à dessiner dès l’âge de 6 ans et depuis n’a jamais arrêté de peindre. A 10 ans il entre à l’académie de Tarasco. Il entre ensuite à l’école des Beaux Arts. Après l’obtention de son diplôme, il part à la capitale pour travailler. Suite au coup d’état de Batista, il perd son travail et retourne chez lui. Vers 1959-1960, il quitte Cuba avec une bourse d’étude du gouvernement révolutionnaire pour partir un an en Espagne. De là, il vient en France et s’y installe avec sa femme.

Lorenzo Padilla peint la nature qui l’entoure, il peint son monde intérieur, il s’inspire de tout. Il fait des croquis, dessine sans arrêt, il a passé deux ans à faire de l’huile sur papier car il n’avait plus de place chez lui.
Ses croquis lui servent de base pour faire ses tableaux. Comme une mélodie, il se laisse bercer. Il est un « chercheur de formes », il cherche toujours à créer, à innover, chercher de nouvelles lignes, de nouvelles courbes.
En regardant les oeuvres de Lorenzo Padilla, on a l’impression que la toile est trop étroite, que la peinture voudrait s’étirer, sortir, se libérer du cadre pour devenir une sculpture grandiose et magique.

Son inspiration est une forme d’expiration incontrôlée où il laisse sortir son univers intérieur pour le poser sur la toile. Il cherche à faire « vibrer » la toile à travers les couleurs, les formes, les reliefs. Ses œuvres donnent l’impression d’être habitées, elles nous apparaissent presque vivantes. En effet, ces formes peuvent parfois représenter des êtres (femmes, animaux). On peut ne pas y prêter attention, on peut y voir d’autres éléments, s’inventer une histoire, et c’est cette découverte, ce travail sur son imagination, dans l’interprétation de chacun sur la signification des formes, qui intéresse Lorenzo Padilla.

Ses toiles sont énergiques, elles nous offrent une lumière, une sensibilité, nous permettent de voyager au plus profond de notre imaginaire. Il ne raconte pas d’histoire avec ses toiles, il laisse l’imagination opérer, il crée un univers totalement libre de sens et de sensation à tel point qu’il ne donne pas lui-même les titres de ses œuvres, c’est sa fille qui le fait, lui, n’en n’éprouve pas le besoin.
Ses tableaux peuvent se positionner sous différents angles, il s’amuse d’ailleurs à tromper le spectateur le laissant ainsi avoir une libre lecture de l’oeuvre. Il se laisse emporter pour faire une toile, comme si c’était son subconscient qui peignait, il se laisse guider, habiter par ses sensations, ses émotions pour peindre. Il n’a aucune contrainte à part celle de ses envies, ses joies, ses peines, il laisse son corps et son cœur s’exprimer sans que la raison ne s’en mêle. Dans tous ses tableaux on retrouve une image, un élément féminin, une sensualité cachée.

« La libertad, no existe » est une de ses œuvres, une commande particulière. Lorenzo Padilla ne croit pas à la liberté, il parle de liberté dirigée par les politiciens. Il est contre la guerre, contre toutes oppressions. En France lorsqu’on parle d’oppression à Cuba c’est de la propagande dictée par les américains car à Cuba il existe une certaine forme de liberté ; la générosité de cœur et d’esprit. Lorenzo Padilla est révolté, il a conscience des problèmes dans son pays mais il ne parle habituellement pas de politique dans ses œuvres.

Il se donne pour mission de faire connaître son pays. Lorenzo Padilla retourne à Cuba chaque année, dans sa ville natale, où il crée un musée en offrant de ses peintures, des peintures d’autres artistes ainsi que sa collection de gravures anciennes et sa collection d’art africain.
Il fait beaucoup de recherches sur l’art africain, sur l’histoire de l’Afrique, en particulier sur l’esclavage en contribuant à constituer des archives pour la mémoire.

Sa peinture, abstraite, nous transporte dans une sagesse, une paix à travers laquelle il exprime encore plus vigoureusement un passé, une expérience, une vie mouvementée. Lorenzo Padilla nous livre le message d’une liberté retrouvée. Ses œuvres sont le signe d’un soulagement, le signe d’une sagesse d’un homme qui pétille de vie.

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